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13 novembre 2020

Yannick Boursier - yboursier@lexismedia.ca

Relance de l’économie après la Covid: l’Outaouais bien positionné, mais une relance plus tardive dans le rural

Guy Cormier

©gracieuseté

L’Outaouais pourrait avoir une belle relance économique en 2021 selon les prévisions du Mouvement Desjardins, mais la relance pourrait être un peu plus longue à l’extérieur du noyau urbain.

Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, discutait avec les gens d’affaires de la région la semaine dernière pour dresser un portrait de la situation selon les analyses de son mouvement.

«Globalement, dans tout le territoire, la croissance est quand même positive en 2021, avance-t-il. Qu’on soit dans le rural ou l’urbain, la croissance est positive à 6,4% qui est quand même légèrement supérieure à la moyenne du Québec (6,3%). C’est une bonne nouvelle.»

Toutefois, l’Outaouais a une grande dualité avec son noyau urbain et ses régions plus rurales. Et cette différence se verra aussi dans la relance. «Si on pense qu’à la fin de 2021, la région plus urbaine devrait être en mesure de pouvoir être revenue pas mal sur ces pattes, c’est clair pour le volet rural, on est peut-être plus au milieu de l’été 2022.»

«Ça, c’est avec une hypothèse de deuxième vague qui est sous contrôle et un début d’année 2021 qui est relativement normal, ajoute-t-il. Mais, il pourrait y avoir un petit délai, notamment pour tout ce qui touche le manufacturier, la foresterie et l’agricole.»

C’est notamment la forte présence des services publics dans la région qui aide l’Outaouais à bien se positionner, souligne M. Cormier. Malgré tout, l’Outaouais a perdu environ 713 millions $ en valeur économique pendant la crise, estime-t-il.

«Le secteur des services a été moins touché et il va pouvoir se relever plus vite, affirme Guy Cormier. Pour d’autres secteurs, ça va être plus long.»

Surtout qu’il est difficile de se faire une idée précise de la relance puisque c’est du jamais vu selon lui. «On a une relance économique au sortir d’une récession atypique. Ça c’est très nouveau. Vous avez des secteurs en ce moment au Québec qui sont en plein emploi, qui sont en pénurie de main d’œuvre et avec un carnet de demandes extrêmement bien rempli. On peut penser au domaine médical et même à certaines entreprises du secteur manufacturier. Et vous avez d’autres secteurs comme le tourisme, les commerces de détail, l’hébergement et la restauration. Ce sont des secteurs où on n’est pas en mesure d’avoir des chiffres précis.»

Main d’œuvre

Un des enjeux principaux à cette relance pourrait être la main d’œuvre. On a déjà vu des impacts dans le secteur agroalimentaire très présent en Outaouais où il a été difficile de trouver du personnel. Ce défi aura des impacts sur la relance de ce secteur, croit Guy Cormier.

Une des statistiques importantes pour suivre cet aspect, c’est l’indice de remplacement. Présentement, on prévoit que pour 100 personnes qui quitteront leur emploi en Outaouais, il n’y a que 77 personnes pour les remplacer.

Un chiffre plus bas que la moyenne du Québec et qui pourrait entraîner de la compétition «féroce» entre les entreprises pour la main d’œuvre disponible, indique Guy Cormier. «Ça pourrait bloquer la croissance économique.»

Les entreprises devront donc trouver des moyens pour régler cet enjeu, possiblement en incitant les travailleurs à rester plus longtemps au travail. «La bonne nouvelle pour l’Outaouais, c’est la croissance démographique. Vous allez avoir une cadence parmi les plus fortes de toutes les régions du Québec au niveau de la démographie.»

La requalification des travailleurs ayant perdu leur emploi sera aussi nécessaire, selon M. Cormier. «Il y a des solutions qui devront être mises de l’avant. Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer, le gouvernement provincial a un rôle à jouer. Mais les joueurs locaux, comme les cégeps, université, entreprises et organismes, vont devoir voir comment trouver des solutions pour requalifier les employés et être capable de les amener plus rapidement dans d’autres secteurs d’activités. Ça, je pense que ça va être une grande priorité pour votre région.»

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