Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

06 juillet 2020

Sylvain Caron - scaron@inmedias.ca

Écoute agricole près du but en Outaouais

Tracteur Champs

©(Photo Journal L'Action-archives)

L’organisme Écoute agricole des Laurentides souhaite depuis un moment s’installer de façon permanente en Outaouais. Pour y arriver, elle n’a besoin que de financement. Après avoir eu l’appui de trois MRC, de quatre syndicats locaux, de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides et de la Table agroalimentaire de l’Outaouais, elle souhaite l’appui des deux autres MRC et aussi d’entreprises agricoles, afin d’offrir une garantie de service pour un minimum de trois ans.

Selon la directrice générale d’Écoute agricole des Laurentides, Magali Noiseux-Laurin, une somme de 350 000$ serait nécessaire pour assurer la présence de 2 travailleurs de rang pendant trois ans. Outre les salaires des intervenants, vient s’ajouter des frais d’infrastructures, comme du matériel informatique et publicitaire ainsi que de déplacements à travers la région, compte tenu du grand territoire à couvrir.

Du dépannage à la permanence

Magali Noiseux-Laurin tient à rappeler que son organisme vient en aide dans la région malgré le fait qu’elle ne soit pas présente officiellement dans la région. « Il y a déjà une demande, une envie d’avoir un travailleur de rang pour recevoir de l’aide », nous expliquait-elle. Par contre, selon elle, de dédier une ressource pourrait permettre d’aller aider plus de gens, car présentement, aucune publicité n’est faite autour du service en Outaouais. Actuellement, les demandes proviennent de gens qui connaissent le service, mais elle est convaincue que lorsqu’Écoute agricole sera implanté de façon permanente, la popularité du service va augmenter de manière significative.

L’organisme regroupera l’Outaouais aux Laurentides. Pour Mme Noiseux-Laurin, le fait que les deux régions sont habituées de collaborer depuis plusieurs décennies, comme avec l’UPA, rend plus simple et logique cette collaboration dans l’aide offerte aux agriculteurs. « Dans les Laurentides, il y a 5 ans, quand on a créé l’organisme, c’est venu de l’initiative de producteurs. En ce moment, on voit vraiment que dans la communauté agricole de l’Outaouais, c’est vraiment un souhait très fort d’avoir un travailleur de rang », a-t-elle mentionné.

Demandes de toutes sortes en augmentation

En 2019, quatre agriculteurs se sont enlevé la vie en Outaouais selon l’organisme. L’onde de choc créée par ces événements a été telle que les demandes d’aide ont connu une augmentation marquée. Si en 2018-2019 on comptait que six demandes, c’est plutôt 21 en 2019-2020 qui ont été formulées. Mme Noiseux-Laurin croit que ce n’est que « la pointe de l’iceberg ».

Selon la directrice, plusieurs études confirment la détresse chez certains agriculteurs, non seulement au Québec, mais partout au Canada.  Mme Noiseux-Laurin nous mentionne que le principal souci qui pousse les gens à demander de l’aide demeure toujours l’argent. Ensuite viennent les problèmes de communications et relationnels avec la relève ou encore entre conjoints et aussi les problèmes de santé mentale. « Il y a des gens qui sont parfois en dépression ou qui ont des symptômes de dépression sévère et ils ne le savent même pas. Ils n’ont pas eu le temps de s’arrêter et de s’en rendre compte. » Le reste des problématiques rencontrées est très varié. « On voit de tout », a-t-elle affirmé.

Emploi : Travailleurs de rang

Quelles sont les qualifications nécessaires pour être un bon travailleur de rang? Selon Magali Noiseux-Laurin, il faut que la personne ait un intérêt marqué pour le milieu agricole et avoir une certaine connaissance du milieu peut aider. « C’est très particulier et il faut être capable de bien comprendre les enjeux pour bien les aiguiller et les aider.» Plusieurs types de formations peuvent mener à devenir travailleur de rang, par exemple, les techniques d’intervention sociale ou la psychologie.

Elle a été surprise de l’intérêt de certains intervenants ayant de l’expérience en Outaouais qui ont déjà contacté l’organisme. Celui-ci procède également de manière traditionnelle par des appels de candidatures sur les sites d’emplois, de l’affichage dans les départements universitaires, avec l’aide des ordres professionnels et aussi par le bouche-à-oreille via les médias sociaux d’intervenants qui partagent le message à leurs collègues.

Formations disponibles

Il existe des formations spécifiques au domaine de l’agriculture disponibles en Outaouais afin d’aider à ouvrir la conversation sur certaines problématiques. Un peu à la manière d’un cours de premiers soins, on apprend aux participants à détecter certains signes et poser des questions. « Une personne qui a des idées suicidaires ne souhaite pas mourir, elle souhaite avoir de l’aide. Parfois, parler du sujet ça peut briser des tabous et aider à commencer une conversation », selon Magali Noiseux-Laurin.

Pour toute personne qui a besoin d’aide ou qui pense au suicide, la ligne d’aide 1-866-APPELLE (277-3553) est disponible 24 heures sur 24. Les intervenants pourront ainsi diriger les appelants aux différentes ressources régionales disponibles.

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média