Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

12 juin 2020

Témoignage de Victor

Être transgenre en région

Victor

©Gracieuseté

Victor a toujours senti qu’il n’était pas une fille, pourtant, il a dû vivre dans ce corps de nombreuses années avant de trouver les ressources appropriées pour l’aider à faire une transition. Que ce soit dans sa famille ou son entourage, sa « sortie du placard » s’est bien déroulée.  Mais comment l’homme serein d’aujourd’hui, auparavant petite fille réservée de Plaisance en Outaouais, a-t-il parcouru ce chemin vers sa vraie nature?

Victor confirme qu’il a eu bien du mal à trouver des ressources en région alors qu’il en avait besoin. Sans modèle ni guide, il s’est beaucoup cherché, mais savait intérieurement qui il était. Enfant, il détestait les robes que sa mère et sa grand-mère lui achetaient; il ne parvenait pas à s’identifier à sa sœur jumelle plus féminine et fonceuse que lui. Comme la majorité des transgenres évalués par Diane Blanchet, psychologue, Victor a su vers l’âge de 5 ans qu’il était un garçon et il l’a nommé ouvertement à ses parents qui n’ont pas fait trop de cas de l’affirmation de l’enfant croyant que ça allait lui passer.  C’est l’âge typique selon la psychologue qui a accompagné environ 250 personnes en 8 ans, dans leur transition vers une réassignation de sexe, où les gens comprennent qu’ils ne sont pas heureux dans leur corps.

Quels modèles en région?

Quand Victor a cherché des réponses, il n’avait comme guide qu’une série anglophone dans laquelle le personnage transgenre était calqué sur des préjugés de la société.  Il a bien vu, avec sa propre expérience que ce modèle faussait la réalité. Féru de livres, Victor se rappelle avoir lu des romans de la Série Tabou qui l’ont beaucoup aidé, mais des ressources, il n’en connaissait pas et sait maintenant qu’elles sont rares en Outaouais et quasi absentes dans les petites municipalités. Selon Victor, il existe plusieurs personnes qui vivent leur transition en Outaouais, mais dans la région, contrairement à ce qu’il a pu voir à Montréal, les gens font « profil bas », se fondent dans la masse.

Discret, Victor ne souhaite pas « crier sur les toits » qu’il a vécu une réassignation de genre, mais il ne veut pas non plus cacher sa réalité. Voir des photos de lui alors qu’il était une jeune fille ou femme est quelque chose de possible puisque ce passé est aussi relié à sa vie avec sa mère aujourd’hui décédée. Ce qu’il trouve plus difficile et déplorable, cependant, c’est d’entendre son ancien prénom et devoir vivre avec parce que certains commerces ou certaines institutions refusent de le changer même si légalement, les démarches ont été faites et acceptées.

« Se faire appeler dans une salle d’attente de concessionnaire ou dans une institution bancaire par un nom de fille et se lever est très intimidant pour moi. »

- Victor Poulin

Pour Victor, son ancien prénom est relié à de la misère.  Et des difficultés, il en a rencontré. Il y a eu son médecin de famille qui a refusé de l’aider, car il ne se sentait pas qualifié, des membres de sa famille qui l’appellent encore au féminin, une de ses sœurs qui a eu du mal à accepter la nouvelle, l’intimidation pendant l’adolescence.

Au secondaire, Victor a vécu de l’intimidation due à son côté masculin qui attirait les remarques blessantes. Au CÉGEP, les questionnements de Victor sont devenus insistants. Sans dire les bons mots, Victor a réussi à se confier à un ami. Parti étudier au Saguenay, il a trouvé là-bas un groupe qui lui ressemblait et il a continué de progresser plus tard, à Montréal, là où sa réalité pouvait se vivre au grand jour puisque la grande ville recèle de services et de modèles.

Ce qui se passera après la publication du journal

Victor accepte de saisir toutes les occasions qu’on lui donne pour répondre à des questions et informer les autres pour que tous puissent mieux comprendre. Est-ce qu’il devra faire face à des commentaires désobligeants lorsqu’il se promènera sur la rue après la sortie de cet article?  Victor en doute, car les gens sont davantage gênés de lui parler, même ses amis d’enfance.  Mais si cela devait arriver, il dit qu’il pourra gérer dû à sa personnalité qui n’attire pas ce type de réactions.  Les fois où des gens l’ont regardé un peu « croche », il n’a tout simplement pas réagi et alors, la situation a cessé d’elle-même. Sa grand-mère avec il vit au village de Plaisance était elle aussi tout à fait à l’aise avec cette sortie médiatique.  Son petit-fils et elle sont très unis.

Commentaires

12 juin 2020

Marcel gélineau

Je sui fière de toi mon neveu Je sais que c'est pas toujours facile mais faut pas oublier le meilleur resst a venir pour toi on t'aime fort. Ton oncle MARS

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média