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12 juin 2020

Les ressources concentrées dans la grande ville

Être transgenre en Outaouais

Victor

©Gracieuseté

Par Hélène Desgranges

Les personnes mal dans leur peau qui envisagent ou se questionnent sur une possible transition vers une réassignation de sexe, plus communément appelée « changement de sexe » ont peu de services en région. Dommage, car une fois qu’ils ont percé le voile sur ce qu’ils sont, les idées suicidaires disparaissent bien souvent, selon Diane Blanchet, psychologue. Heureusement, les écoles sont de plus en plus concernées par cette réalité, des services s’offrent en téléconsultation et des outils lecture ou web se développent en français.

Au Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), des services d'accompagnement par des intervenants psychosociaux, et ce, tant pour la clientèle adulte que jeunesse existent. Bien que le CISSSO offre du soutien dans la démarche vers les services spécialisés si une personne souhaite débuter de l’hormonothérapie et entamer une transition, le CISSSO ne réalise pas d'évaluation spécifique visant à recommander, ou à ne pas recommander l'hormonothérapie et les chirurgies.

Si jamais un jeune transgenre débute une hormonothérapie, les infirmières scolaires sont en mesure de faire les injections à l'école ou en CLSC. De plus, du soutien psychologique est également disponible aux jeunes trans notamment en cas de dépression ou idées suicidaires.

« Le CISSSO ne veut pas former son personnel pour qu’il puisse référer, pourtant, ce serait gratuit pour les personnes qui en auraient besoin et cela représente seulement trois heures de travail environ »

- Diane Blanchet, psychologue en pratique privée.

Diane Blanchet ne comprend pas que le CISSSO ne forme pas son personnel afin qu’il puisse accompagner plus loin dans ses démarches, une personne désirant une réassignation de sexe. La formation est pourtant brève et dure environ deux à quatre jours. La psychologue s’est intéressée à ces gens de l’Outaouais désirant vivre une transformation, il y a huit ans maintenant. Ils sont deux psychologues dont François Fallafranque St-Louis dans le secteur Buckingham et elle à Gatineau ainsi qu’une travailleuse sociale qui sont formés pour référer les personnes trans. Leurs services sont offerts en pratique privée donc, payants. Bien que peu coûteux pour certains, pour d’autres comme les jeunes qui désirent passer à l’action, les frais peuvent être un frein.

Après le dévoilement, peu de suivis psychologiques

Diane Blanchet, après avoir accompagné environ 250 personnes trans en Outaouais, a pu constater qu’une fois que les gens ont pris la décision de vivre une affirmation de genre, ils sont peu nombreux à avoir besoin de suivi psychologique.  Car ce qui causait souvent les idées suicidaires chez ces personnes était la sensation d’être dans une impasse.  Pour permettre à plus de gens en région d’avoir accès à ses services, Diane Blanchet réalise maintenant des suivis en téléconsultation. Ce service qu’elle a mis en place avant la pandémie serait-il la solution pour les jeunes en région?

Services scolaires

Jasmin Bellavance, Secrétaire général et directeur au Service du secrétariat général, des communications et du transport scolaire à la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) explique que, pour l'instant, il n'y a pas de protocole uniforme à la CSCV à l’égard des jeunes vivant une transformation. Il appartient plutôt à chaque école concernée d'accompagner l’élève et ses parents dans un tel processus. Cela permet davantage de flexibilité afin de mieux répondre au besoin de l'élève concerné en fonction de son cheminement personnel, croit-il.

M Bellavance ajoute que plusieurs écoles de la CSCV ont accompagné des élèves transgenres. Les principaux enjeux auxquels les écoles ont dû s'ajuster concernent spécifiquement le nouveau nom utilisé par les élèves concernés ainsi que l'utilisation des vestiaires et salles de bain. Ainsi, au moment déterminé par l'élève et ses parents, les intervenants de l'école ont utilisé le prénom choisi et les pronoms correspondants. Le prénom utilisé a été intégré dans les banques de données et les listes de classes ont été modifiées en conséquence, y compris lorsque le changement n'avait pas été formalisé auprès de l'État civil. Quant aux vestiaires et salles de bain (généralement distinctes pour les filles et les garçons), en fonction de la configuration de chaque école, l'élève concerné a pu utiliser une salle de bain individuelle, celles réservées aux membres du personnel ou encore aux élèves handicapés.

La Commission scolaire de Montréal, pour sa part, a établi depuis 2016, un document de lignes directrices relatives aux élèves transgenres.  Le modèle, en ligne, est un exemple concret pour aider les milieux à intégrer les jeunes en processus d’affirmation de leur identité.

Organismes d’aide aux personnes trans en Outaouais

Certaines personnes consultées lors de la rédaction de cet article ont nommé deux organismes pouvant venir en appui aux personnes transgenres. L’organisme Trans Outaouais organise des rencontres mensuelles dans le but de favoriser le dialogue, l'échange et briser l'isolement. Il s’agit d’un groupe d'entraide et de discussion visant les personnes 'Trans', transsexuelles(elles), intersexes, ou en questionnement sur leur identité ainsi qu'à leurs proches, et ce, à n'importe quelle étape de leur cheminement.

 L’organisme Jeunesse Idem vise, quant à elle, travailler à améliorer la qualité de vie des jeunes de 14 à 25 ans gais, lesbiennes, bisexuels-les, transgenres, transsexuels-les et en questionnement ainsi que de sensibiliser la population de la région de l’Outaouais.

Aide et renseignements à partir de chez soi

Si Victor Poulin, jeune homme vivant une transition a dû apprendre l’anglais pour mieux comprendre ce qu’il vivait, il a depuis trouvé certaines ressources sur le web, traduites ou sous-titrées en français. Trans 101 fait partie des outils que Victor a pu consulter même s’il vivait en région.  La série de capsules se trouve sur YouTube. Les romans et la biographie de Samuel Champagne publiés aux Éditions de Mortagne et disponibles via le Réseau Biblio de l’Outaouais ou en librairie ont aussi permis à Victor de mieux comprendre son vécu de personne transgenre.

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