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19 février 2020

Alex Proteau - aproteau@lexismedia.ca

Prévention du suicide: deux résidents de la Petite-Nation prennent la parole

Marie-Milie Leduc

©Courtoisie - Info Petite-Nation

Marie-Milie Leduc

Deux résidents de la Petite-Nation, Marie-Milie Leduc (fille d’un producteur laitier qui s’est enlevé la vie en juin 2019) et Jim Thompson (Notre Petite Ferme) ont décidé de prendre parole sur la place publique. Leur but: inciter les gens à parler ouvertement de santé psychologique et aller chercher de l’aide lorsque nécessaire.

La semaine dernière, les deux ont participé avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) et Écoute agricole des Laurentides (ÉAL) à des capsules vidéo dans le cadre de la Semaine nationale de prévention du suicide.

Parle-moi: le titre de la campagne est une invitation aux agriculteurs à surmonter leurs réticences à parler de ce qu’ils vivent lorsqu’ils traversent une période difficile. Les témoignages recueillis sont également un moyen de sensibiliser le grand public à la réalité vécue par ceux qui produisent les aliments qui se trouvent dans leur assiette.

«J’ai décidé de parler du suicide ouvertement […] Si mon père était décédé d’une crise de cœur, d’un cancer… on aurait pu en parler ouvertement, facilement. Là, c’est le suicide, ça fait peur. On ne veut pas en parler. En en parlant, on va pouvoir sensibiliser des gens», a indiqué Mme Leduc.

Causes

La détresse psychologique fait malheureusement partie de la réalité agricole. Au Québec, selon une enquête réalisée en 2006 par Ginette Lafleur et Marie-Alexia Allard, 51 % des producteurs agricoles vivent un niveau élevé de détresse psychologique, alors que ce pourcentage est de 20 % dans la population générale. En 2019, en seulement quatre mois, quatre agriculteurs se sont enlevé la vie en Outaouais.

Les aléas du climat, des programmes d’aide financière inadéquats, un travail exigeant offrant peu d’occasions de répit, la pression et l’orgueil liés à la survie d’une entreprise qui se transmet de génération en génération sont quelques-uns des facteurs qui expliquent le stress vécu par les producteurs.

Les mois d’hiver peuvent être éprouvants pour un agriculteur. Pendant cette période de flottement entre deux saisons, ils tracent leur bilan financier et remplissent la volumineuse paperasse liée aux programmes gouvernementaux. Ce moment est propice aux ruminations, aux inquiétudes, à l’anxiété, voire à la dépression. Certaines valeurs bien ancrées, notamment chez les hommes, freinent l’expression des émotions et la volonté de demander de l’aide.

Les trois capsules vidéo de la série sont dévoilées une à une, à raison d’une par semaine pendant le mois de février, notamment sur les pages Facebook de la Fédération et d’ÉAL.

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